J’ai des idées noires plein la tête !
J’en fais quoi ?

Idées noires : pensée ou réalité ?

Vidéo de présentation

Léa pense que son fils va rater sa vie. Ses idées noires l’assaillent, tout s’emballe (émotions, pensées), et elle panique. Avec son thérapeute, elle va évaluer sa pensée négative pour commencer à sortir la tête de l’eau.

Durée : 03:07

La pensée et la réalité : deux choses différentes

Bien observer

L’être humain construit du sens pour comprendre le monde et interagir avec. Ce sont des pensées.

La pensée est un sens que nous donnons aux choses, elle n’est pas ces choses.

La pensée n’est pas la réalité, elle est une interprétation de la réalité

Les idées noires ne disent que ce qu’elles disent, et ne représentent qu’elles-mêmes.

D’autre part, nos émotions négatives activent les pensées négatives dans les moments difficiles.

Les idées noires s’appuient sur les émotions et les sensations physiques

Nous utilisons une logique intuitive pour reconstruire la réalité, et non une méthode appropriée. Ce sont les émotions et sensations physiques qui l’imposent.

Les idées noires sont donc des pensées qui manquent de rigueur.

Le risque que nos pensées soient fausses est élevé

Ce que nous pensons peut être faux même si la pensée semble concluante.

Observons donc nos idées noires avant de les donner pour vraies !

Bien différencier

Les pensées négatives sont souvent FAUSSES car notre détresse nous amène à tout confondre : la réalité, les émotions, les sensations physiques et les idées noires ! Il est donc utile de bien faire la différence entre ces quatre catégories. 

Pourtant mes idées noires sont en phase avec ce que je ressens !

Les émotions et les sensations physiques sont bien réelles. On les ressent, elles sont bien là. Puis, elles sont logiques et en accord avec la réalité et nos idées noires. Par exemple : “je suis bloqué dans l’ascenseur, j’ai une sensation d’étouffement. Donc je me dis que je vais mourir asphyxié”. Tout est logique ici. Nous considérons nos pensées comme exactes et tout s’entremêle : pensées, ressenti et certitudes. Et c’est là tout le piège ! Car cette congruence entre émotions/sensations et idées noires va nous convaincre que nos idées sont vraies ! Alors que NON !

La congruence ne montre pas que la pensée est vraie, elle montre juste qu’il y a une congruence. 

D’autre part, il existe deux types de pensées négatives qu’il est essentiel de distinguer pour orienter notre travail avec objectivité :

Les pensées négatives vraies : elles désignent des problèmes concrets

“Des problèmes persistent au boulot, mon père voit sa santé décliner, ce problème d’argent est préoccupant”

Des solutions concrètes existent alors dans la réalité.

Les pensées négatives fausses : elles désignent des interprétations

“Si mon père a des problèmes de santé, il va bientôt mourir, ces problèmes au boulot vont finir par un licenciement, ce problème d’argent me mène droit à la ruine”.

Ces pensées ne résolvent pas nos problèmes, pire elles augmentent l’angoisse et la déprime qui elles-mêmes bloquent la résolution des problèmes dans la réalité.

Alors bien sûr, nous avons tous des problèmes dans la vie, mais ce qui est redoutable et fait le plus souffrir, ce sont les interprétations négatives et fausses que nous leur donnons. Il va donc être indispensable de les regarder de plus près !

Dessin. Le patient : ma femme m'a quitté, j'en ai marre. Je suis en colère, je déprime

– Ma femme m’a quitté parce qu’elle me prend pour un minus ! Vieille peau !

Dessin. Le thérapeute demande : est-ce une raison pour sombrer dans les idées noires ?

– Donnez-moi la définition du mot “PENSÉE”…

Dessin. Le patient : je ne savais pas qu'on pouvait gérer les idées noires... J'en reste bouche bée

Un truc qui me pourrit la vie depuis que ma femme est partie. 

Tester la pensée négative

Pour vérifier la pensée, on va :

  1. Distinguer pensée et réalité
  2. Tester les pensées pour savoir si elles sont vraies ou pas

Pour tester la pensée, on se pose des questions réalistes pour confronter nos pensées à la réalité

  • Ai-je des preuves ?
  • Une pensée est-elle une preuve ?
  • Une émotion, une impression, une sensation sont-elles des preuves ?
  • Ne me suis-je pas un peu trop précipité ?
  • Ne suis-je pas en train de confondre fait et réalité ?
  • Sur quoi repose la certitude ?
  • Mon entourage est-il d’accord avec moi ?
  • Quelles sont les probabilités pour cette pensée ?

Penser oui, mais attention à l'engrenage !

Antoine est commercial, et sort d’une négociation avec un sous-traitant :

“J’étais avec un commercial d’une entreprise de location de voiture. Le gars avait tendance à faire des sourires ironiques. J’ai alors compris qu’il m’estimait incompétent ! Depuis je vais mal, et je carbure au whisky !”.

L’expression “j’ai alors compris que” est un mécanisme cognitif créatif qui représente une idée qui ne dit rien de plus qu’une pensée.

Pourtant Antoine y croit, et angoisse. Il serait alors bon d’aller y voir de plus près.

  • Qu’est-ce qui prouve que les sourires ironiques signifient être incompétent ?
  • Est-ce qu’une interprétation ou une émotion sont des preuves ?
  • N’y a t-il pas confusion entre impression et réalité ?

Exemple d'application

Harry, 42 ans, pense que son patron va le licencier. Il discute avec un thérapeute cognitiviste : 

Test de l’évidence

– Je pense qu’il va me licencier parce qu’il est méchant avec moi ! 

– Prouvez-le moi…

– Sa méchanceté

– C’est un comportement, pas une preuve

– Hmm

– Est-ce qu’il ne réagit pas ainsi parce qu’il est stressé ?

– Peut-être

– Et si vous abordiez la question avec lui, cela pourrait le calmer…

– Je n’ai pas osé…

– Alors ce qui bloque les choses, c’est plus ce que vous pensez de la méchanceté que la situation en elle-même ?

– C’est vrai que je suis bloqué par ce que je me dis sur lui

– Mais peut-on dire que vos pensées sont des preuves ?

– Ben non…

Conclusion

Il est important de considérer la pensée négative comme une hypothèse à vérifier car elle ne représente pas directement la réalité.

Dans les moments de fortes émotions négatives, il est rare d’utiliser des méthodes de logique rigoureuses. La situation et le ressenti sont laissées à libre interprétation. Les pensées auront alors une grande probabilité d’être incohérentes, négatives et fausses.

Il va donc être utile de discuter la pensée avant de la tenir pour vraie si on veut gérer le stress et sortir de la dépression et des crises d’angoisse.  

Et après ?

Tester la pensée automatique négative ne l’empêche pas d’agir sur nos émotions. Pour commencer à sortir de la dépression et calmer les angoisses, on va donc :

C’est le début du changement.

Plan de la formation

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